Le taux de change a connu une baisse sensible depuis le weekend dernier en République démocratique du Congo. Après une période de dépréciation, le franc congolais a repris 20% de sa valeur face au dollar américain et sans l’implication des opérateurs des télécommunications. Aujourd’hui 1$ varie entre 1500 et 1800 FC alors qu’il y a quelques jours 1$ équivalait à 2300 FC. Qu’est-ce qui était réellement à la base de la hausse du taux de change et par quel mécanisme le taux a chuté ? Cette baisse du taux de change blanchi t-elle les opérateurs des télécommunications pointés du doigt par la Banque Centrale comme acteurs de la manipulation du taux en RDC?

Si depuis le mois de janvier, le franc congolais perdait de sa valeur face au dollar, c’est parce que la Banque centrale ne cessait, mois après mois, de financer le déficit de l’Etat en utilisant la planche à billets. C’est le directeur général de la BCC, Jean-Louis Kayembe lui-même qui a donné cette explication : « Il y a un déficit mais un déficit qui n’est financé que par les bons du Trésor et par l’appui budgétaire qui a été accordé par le Fonds monétaire international. Donc, depuis le mois de mai, il n’y a pas eu un seul franc congolais de financement monétaire ou des avances au Trésor par la Banque centrale ».

Mais pour corriger les erreurs du passé, la BCC devait retirer des francs congolais de la circulation. La BCC dit être parvenue à en retirer 157 milliards par différentes actions comme la vente de dollars, la hausse du niveau de réserve obligatoire des banques commerciales auprès de la BCC ou encore le paiement des dépenses de l’Etat en dollars et pas en francs congolais.

« Si vous posez la question à beaucoup de cambistes, ils vous diront qu’il n’y a pas de francs. Les francs sont rares mais par contre, les devises sont quand même là. La loi de l’offre et de la demande jouant sur le marché, pour le moment, bien-sûr, on constate que l’écart entre les taux acheteurs et les taux vendeurs est quand même important. Mais nous pensons que d’ici là, cet écart va se réduire comme par le passé, l’écart s’est réduit », a révélé Jean-Louis Kayembe, directeur général de la Banque centrale congolaise au micro de nos confrères de RFI.

La baisse du taux de change constatée à ce jour est donc le résultat d’un processus amorcé depuis le 24 juillet par la BCC.

Rappelons que le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo, a pointé un doigt accusateur en direction des sociétés de téléphonie mobile responsables, selon lui, des fortes volatilités du franc congolais. Par ailleurs, il a même promis des sanctions à leur encontre.

Mais pour leur part, certains financiers révèlent qu’il s’agirait juste d’une forme d’échappatoire. Selon eux, l’on cherche plus des boucs émissaires car la BCC était visiblement dans l’incapacité de stabiliser le franc congolais sur le marché de change.

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