Le gouvernement entretient une crise au sein de la fonction publique en ne finalisant pas le dossier d’affectation des secrétaires généraux. Pourtant nommés en bonne et due forme après un concours rigoureux selon la loi n° 16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l’Etat, les hauts fonctionnaires de l’administration publique sont réduits depuis le 27 décembre 2018, en situation d’agents flotants. Ce contexte d’irrégularité entretenue est un contraste avec la vision du chef de l’Etat celle de bâtir un Etat de droit en République démocratique du Congo et doit retenir toute l’attention du gouvernement.

Des sources crédibles, proches de la fonction publique, rapportent qu’une réunion de la sous commission interministérielle socio-culturelle avait déjà examiné ce dossier mais que le conseil des ministres tarderait à inscrire au menu afin de vider ce dossier longtemps gelé.

Actuellement, les secrétaires intérimaires ayant tous le grade de directeur sont à la tête de la majorité des administrations des ministères pendant que les titulaires nommés au poste de secrétaire général sont privés d’exercer leur fonction correspondant à leur grade de nomination.

Les textes légaux régissant l’administration publique sont délibérément violés par le gouvernement qui permet aux intérimaires déguisés en directeurs, continuer à diriger l’administration de l’État en présence des titulaires dûment désignés et nommés. La logique veut que dès la nomination des secrétaires généraux, on ne puisse plus évoquer le maintien des interimaires sous pretexte de la continuité des services publics.

Il s’agit visiblement d’une forme d’injustice administrative qui soulève plusieurs préoccupations.

Premièrement, pourquoi le gouvernement viole-t-il intentionnellement la loi n° 16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l’Etat qui a consacré en son article 72 les modalités d’avancement en grade focalisés par le concours ?

Deuxièmement, pourquoi les travaux de la tripartite présidence-primature-fonction publique ne sont pas encore entérinés par le chef de l’Etat pour une situation aussi urgente que de doter les administrations des secrétaires généraux nommés sur concours et qui attendent depuis bientôt 1 année et 8 mois ?

Troisièmement, pourquoi ce dossier n’est pas parmi les priorités de l’actuel gouvernement alors que la maximisation des recettes demande une stabilité d’animateurs au sein des administrations d’assiette ?

Quatrièmement, comment le gouvernement peut-il expliquer ce retard dans l’affectation des secrétaires généraux après les ratés de la mise en place de la ministre de la fonction publique ?

La normalisation de la situation des hauts fonctionnaires de la République démocratique du Congo est cruciale pour le bon fonctionnement des institutions du pays. Il est plus que temps de mettre fin à la gestion des intérimaires exerçant en violation de la loi, en lieu et place des secrétaires généraux titulaires nommés légalement. Le gouvernement est donc appelé à épargner la fonction publique de cette crise inopportune qui risque de plonger cette cheville ouvrière dans l’anarchie et le chaos, en rétablissant les titulaires dans leur droit.

Floriette Nyogbia

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