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DRC Mining Week : Entretien avec l’ambassadeur britannique en RDC, John Murton

La Semaine Minière de la République Démocratique du Congo s’est tenue du 19 au 21 Mai dernier. Le Royaume-Uni y a participé pour la deuxième fois à travers un pavillon où étaient représentées quelques entreprises britanniques notamment Vodacom, Malabar Business Travels, Malabar Group, Compass Green Worldwide (CGW), IPS UK, Concrete Canvas, ainsi que African Consulting Ltd. Forgotten Parks Foundation, l’organisation non gouvernementale britannique qui gère le complexe Upemba-Kundelungu ainsi que le Congolese Chamber of Commerce in Great Britain (CCCGB) étaient également présents.

Dans une interview accordée à Interkinois.net, l’Ambassadeur John Murton parle de l’importance de la DRC Mining Week pour les entreprises britanniques, du climat des affaires et du nouveau code minier.

Interkinois : DRC Mining Week, tout un pavillon est réservé à la Grande Bretagne. Quelle est l’importance de cet événement pour les entreprises du Royaume-Uni en RDC?

John Murton : ce type d’événements c’est toujours utile pour les entreprises britanniques afin de comprendre la situation ici. Elles ont besoin de savoir évaluer les risques, ainsi que la législation. En RDC, il y’a beaucoup d’opérateurs miniers. Traditionnellement, le Royaume-Uni c’est l’un des plus grands centres de finances au monde, en l’occurrence le « City of London ». Le secteur minier est parmi ceux qui nécessitent le plus de capitaux. Pour lever des finances pour une mine, il faut aller à Londres ou à New-York pour trouver ces niveaux de financement. Donc entre la RDC et le Royaume-Uni il y a des liens dans le secteur minier, même s’il n’y a pas encore beaucoup d’entreprises britanniques avec des investissements directs dans le secteur minier ici en RDC.

Interkinois : Comment trouvez-vous le climat des affaires en RDC aujourd’hui ?

John Murton : sur cette question, je vais être franc, le climat des affaires, ici, n’est pas bon. Il y a des classements et indices produits par des ONG internationales et la banque mondiale. Sur le plan du climat des affaires, la banque mondiale a classé la RDC à la 182ème place sur 186 pays. En plus de cela, il y a un problème de risque politique, un problème d’application des lois et la multiplicité d’impôts. En conséquence, le climat des affaires n’est pas bon et c’est la raison pour laquelle nous n’avons pas beaucoup d’investissements ici.

Interkinois : Il y a eu un nouveau code minier en RDC. Plusieurs multinationales y compris britanniques ont fustigé ce dernier. Qu’est ce qui vous choque dans ce code minier ?

John Murton : L’actuel code minier est intéressant. Tout le monde s’accorde sur le fait que celui de 2002 était trop généreux pour les entreprises. Mais il faut que nous nous souvenions que c’était seulement 20% des entreprises qui étaient ciblées par le code minier et d’autres avaient des conventions minières particulières. Donc, la première étape devrait être d’élargir ce code minier à toutes les entreprises. C’est le droit d’un pays de changer ses lois mais on doit voir aussi les conséquences. Le problème avec ce code minier est qu’ils (les autorités congolaises) n’ont pas tenu compte de la clause de stabilité.
En Zambie, le code minier avait été modifié, la conséquence est que les investissements ont sérieusement chuté et en conséquence, ils ont révisé pour la deuxième fois le code minier afin de rendre attractif leur pays.

INTERKINOIS : plusieurs grandes entreprises britanniques sont implantées en RDC. Quelle est la politique de soutien de l’ambassade du Royaume-Uni en cas de problèmes politico-administratifs, comme c’est le cas de Vodacom dans l’affaire de la licence 2G ?

John Murton : Dans cela, l’ambassade parle avec le Gouvernement et les parties prenantes pour résoudre le problème de l’entreprise concernée. C’est ce que nous faisons généralement moi et mon équipe.

Propos recueillis par Patrick Lumbala et Deo Vuadi

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