Dans un mémorandum de 8 pages datant du 03 août, la jeunesse iturienne vivant à Kinshasa a écrit au Président de la République pour lui faire part de leur inquiétude concernant les tueries qui se déroulent dans différents territoires de la province de l’Ituri.

Dans leur mémo, cette structure des jeunes se dit écœurée par ces tueries dans leur province qui prends des allures inquiétantes pendant que dans la capitale Kinshasa l’on assiste à “des spectacles politiques”. Ces jeunes ont fait savoir au Président de la République que “ceux qui échappent à cette barbarie sont contraints à vivre précairement dans des camps des déplacés et des réfugiés parce que les tueurs à gage sèment la terreur et la désolation dans les villages.

“Pendant que les médias tant nationaux qu’internationaux en parlent, certains compatriotes perçoivent cette réalité tragique surtout ici à Kinshasa, comme un film d’action tourné dans un autre continent”, déplorent-il.

Tout en dressant un tableau sombre de la situation sécuritaire dans les territoires de Djugu, Mahagi, Irumu, Aru et Mambasa, la jeunesse iturienne vivant à Kinshasa fustige l’attitude de certaines personnalités face à ces massacres.

“Les Ituriens ne sont pas nés avec des machettes entre leurs mains. Et en Ituri,
nous n’avons aucune usine d’armes. Au contraire, le peuple Iturien est
pacifique, travailleur et respectueux de l’ordre. Ses filles et fils sont aussi
compétents pour travailler dans tous les secteurs pour l’émergence de ce pays”, ont-ils fait savoir.

Ils ont, en attendant la concrétisation de la promesse faite par le chef de l’État lors de son passage dans la partie Est du pays, formulé quelques recommandations:

  • imposer la paix et déférer les auteurs des crimes devant les Cours et
    Tribunaux ;
  • ne pas négocier avec ces hors-la-loi mais les traquer jusqu’à leur dernier
    retranchement. Plus jamais de conquêtes de pouvoir politique ou de
    postes dans les FARDC au prix du sang des Ituriens ;
  • relever tous les généraux qui sont partis en Ituri en touristes ou en
    hommes d’affaires et confier l’opération de traque de ces milices à un seul Officier Supérieur ;
  • ordonner le redéploiement des militaires de troupe sur les différents
    fronts : toutes ces milices ne peuvent résister à une opération militaire
    robuste et bien coordonnée ;
  • s’assurer que les militaires au front ont perçu leur solde afin qu’ils ne se
    mettent pas à tracasser la population déjà meurtrie ;
  • créer une « Commission de Vérité, Paix et Réconciliation ».

Mechack Wabeno

Print Friendly, PDF & Email
Merci de partager!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *