Les congolais se rappelleront que vers la fin de règne de l’ex président Joseph KABILA, ils avaient entendu parler à longueur des journées de l’interprétation abusive de l’article 70 de la constitution de la République Démocratique du Congo qui stipule : le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu. Tout en occultant l’article 73 de la même constitution qui exige la convocation par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) du scrutin 90 jours avant l’expiration du mandat du président sortant.

Le peuple était témoin de ce combat effréné teinté d’un juridisme éhonté des thuriféraires de la kabilie pour justifier la présence anti constitutionnelle de leur chef au pouvoir de l’Etat. La falsification intentionnelle de l’entendement de l’article 70 avait même fait l’objet d’une interprétation incorrecte à la cour constitutionnelle acquise à la mouvance kabiliste, dépourvue du sens élevé du respect de l’esprit et de la lettre du constituant.

L’interprétation ambiguë de l’article 70 était devenue un fonds de commerce politique sans crédibilité. Ne pouvant convaincre l’opinion aussi bien nationale qu’internationale de la non convocation des élections libres et transparentes pour le renouvellement des institutions du pays et leurs animateurs qui étaient hors mandat constitutionnel, ce refus d’organiser les élections avait un seul objectif ; étudier la possibilité d’un coup de force pour imposer KABILA grâce à un troisième mandat au mépris total de l’intangibilité de l’article 220 de notre constitution. Le dialogue de la Cenco servit de sapeur pompiers pour éteindre le feu que le peuple congolais envisageait de jeter sur Kabila et sa famille politique identifiés comme étant à l’origine de tous les malheurs qui s’abattent sur le pays. (on se souviendra de kabila oyebela mandat esili). En dépit de la bonne foi de la classe politique, notamment l’opposition de l’époque et toutes les forces vives de la nation, l’accord dit de la Saint Sylvestre fut dévoyé par ceux-là même qui étaient dépouillés de toute légitimité pour engager l’Etat congolais. Cette partie de l’histoire récente de notre pays, ne doit pas être annihilée afin d’avoir à l’esprit de manière permanente, la connaissance du mode opératoire de ceux avec qui on traite. Ce n’est pas étonnant de voir leur insouciance face à la misère léguée par eux à l’actuel chef de l’Etat. Le peuple congolais les rappelle, qu’on n’échappe pas indéfiniment aux châtiments du destin, car dit-on l’homme récoltera ce qu’il aura semé. Concernant la menace du chef de l’Etat, le Président Félix TSHISEKEDI sur une éventuelle dissolution de l’assemblée nationale, l’article 69 stipule qu’il assume, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat.

Cette assertion renferme en elle, l’obligation pour le chef de l’Etat de rencontrer les préoccupations des congolais pour lesquels les menaces de dissolution sont proférées au cas où il y aurait entrave aux actions du président de la République, dont l’unique objectif est l’amélioration des conditions de vie des citoyens congolais, y compris les familles de ceux qui sabotent le plan du développement du président et qui promettent l’apocalypse imaginaire. Que gagnera-t-on objectivement dans l’acharnement de la fragilisation de la gratuité de l’enseignement saluée par tous, ou dans le ralentissement des actions menées en faveur de l’armée régulière et de la police nationale congolaise? La légitimité vient du peuple, celui-ci a donné mandat au président TSHISEKEDI TSHILOMBO pour présider à la destinée de son pays. Le peuple pour qui le président se bat dans les feux et dans les flammes en vue de lui redonner sa fierté et sa dignité au travers de la puissance économique et de justice distributive, soutiendra la décision de la dissolution de l’assemblée nationale. Puisque visiblement la quasi-totalité de ladite assemblée nationale est remplie des représentants des intérêts partisans, alors que le 30 décembre 2018, jour du scrutin, le peuple nourrissait l’espoir d’avoir ses représentants aux quels il se reconnaitra au sein de l’assemblée nationale. Au demeurant le peuple congolais suit avec attention ce que son président fait pour lui, les investisseurs que lui-même prospecte, ce peuple meurtri, chosifié par ceux qui utilisent l’assemblée nationale comme une arme de destruction massive contre son bien-être, n’hésitera nullement d’adopter cette éventuelle dissolution en vue, finalement de donner à l’actuel chef de l’Etat, une majorité confortable dont il a réellement besoin pour mener à bien son programme quinquennal de politiques publics, conçu avec humanisme pour des impacts directs sur toutes les couches sociales congolaises.

D’aucuns ne jurent que par la coordination des institutions de l’Etat afin d’éviter la résurrection des démons des divisions qui alimentent la crise institutionnelle chaque fois que le Congo veut prendre son envol. Une chose est sûre, les effets néfastes des crises récurrentes au Congo, sont connus de leurs promoteurs. Enfin, sous l’impulsion du chef de l’Etat, le programme du gouvernement ILUNGA ILUNKAMBA n’avait pas été adopté par l’assemblée nationale pour mourir précocement tel un enfant prématuré, bien au contraire, espère-t-on, pour l’accomplissement du contrat social entre le peuple et ses dirigeants. Naviguer à contre-courant justifierait in fine la dissolution de l’assemblée nationale par le chef de l’Etat, pas pour démontrer une quelconque émancipation mais dans le but de lui donner un instrument législatif sérieux lui permettant aisément d’appliquer sa vision pour le Congo.

Henry MUTOMBO

Ecrivain et Chercheur en fiscalité.

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