Sous l’initiative du ministre de Postes télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication (PTNTIC), Kibasa Maliba, la RDC vient d’instaurer une taxe allant de 1 à 7$ selon la marque de téléphone, payée par les utilisateurs par l’intermédiaire des entreprises de télécommunications.

Nouvelle taxe, fardeau de plus pour les télécoms

Selon le décret n°20/005 du 9 mars 2020 publié dans le journal officiel, qui fixe les modalités de calcul et les taux des revenus des prestations de l’autorité de Régulation de la Poste et Télécommunications (ARPTC), cette nouvelle taxe permettra “l’enregistrement annuel automatique des appareils mobiles au registre central de la base de données des IMEI ou CEIR”.

En effet, après la mise en vigueur de cette loi, les appareils mobiles 3G, 4G et plus ainsi que tous les autres appareils mobiles dotés d’une technologie future seront taxés 7$ contre 1$ pour les appareils mobiles 2G.

L’imposition de cette taxe supplémentaire est un coup dur non seulement pour les opérations de télécommunication qui déplorent déjà une forte pression fiscale et parafiscale, mais aussi pour les utilisateurs qui verront leur accès aux télécommunications être réduit.

Car, selon ces opérations, cette nouvelle taxation instaurée par le gouvernement leur causera une perte estimée à 100 millions de dollars chaque année et réduira le nombre d’utilisateurs des télécommunications.

Avec cette taxe, qu’adviendra-t-il à la vision numérique du chef de l’État ?

“Faire du numérique un vecteur du développement” a été l’objet principal de l’atelier sur le numérique tenu ici à Kinshasa du 3 au 5 septembre 2019 sous l’initiative du chef de l’État Félix Tshisekedi.

Cet atelier était dans le but d’adopter le Plan national du numérique qui constituerait la feuille de route pour la promotion du numérique en RDC en vue de l’émergence économique du pays.

Parmi les objectifs poursuivis dans ce plan national du numérique, “permettre aux citoyens et aux entreprises d’interagir en ligne avec l’administration publique et les partenaires, offrir aux usagers des services de meilleure qualité en leur permettant de réduire les coûts et les délais et en leur garantissant un maximum de transparence, faire du Numérique un vecteur du développement économique et humain, une source de productivité et de valeur ajoutée pour les autres secteurs économiques” ont été les plis intéressants pour les usagers et les entreprises de télécommunications mais aussi dans le secteur de l’administration publique, ce plan visait “le positionnement de la RDC comme un hub technologique sous-régional et la réduction sensible de la corruption et de l’évasion fiscale”.

En se basant sur ces objectifs clairement définis dans ce plan national du numérique et sur la vision du chef de l’État d’élargir le plus loin possible le champ numérique du pays, le ministre des PTNTIC tacle clairement voire même met en marche le mobile qui bloquerait en vrai la matérialisation de cette vision qui a été combien louable par tous les Congolais.

L’on se rappellera que seul 30% de la population congolaise a accès à la technologie et moins encore à l’Internet qui est une denrée rare dans les milieux urbains comme ruraux du pays, alors quel serait le but d’une nouvelle taxe supplémentaire sur ces entreprises de télécommunications qui tentent si bien que mal d’aider le chef de l’État dans la mise en oeuvre des objectifs de ce plan national du numérique ?

Jacqueline Kamate

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