Selon les données de l’Observatoire du marché de la téléphonie mobile en République démocratique du Congo, le taux de pénétration des téléphones mobiles est de 42% en fin 2019 soit 1,78% d’augmentation par rapport à l’année 2018. Le secteur de la téléphonie mobile regorge actuellement 37 millions 123 208 abonnés. La pénétration mobile et l’utilisation croissantes des services mobiles sont des stimulants pour l’inclusion numérique et permettent à de nombreux Congolais de bénéficier des échanges d’informations à des fins aussi bien professionnelles que sociales. Cela peut contribuer également à une meilleure productivité et peut améliorer la cohésion et la participation sociales, l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux services publics.


https://interkinois.net/taxe-sur-la-possession-des-telephones-les-congolais-hostiles-a-la-decision-du-ministre-des-pt-ntic/

Des avancées significatives

Depuis les années 1990, les avancées constatées dans le système des télécommunications sont portées notamment par des décisions révolutionnaires instaurées par les autorités qui ont compris l’importance que prennent les télécommunications dans la transformation économique et sociale.

Dans la foulée, voici quelques décisions qui ont contribué à l’émergence du secteur des télécommunications en RDC :

Pour tirer le meilleur parti de l’opportunité offerte par la révolution numérique et les mutations du secteur des TIC, le Gouvernement congolais élabore en 2009 un Document de Politique Sectorielle (DPS) cadre de référence à la fois pour les pouvoirs publics et pour l’ensemble des acteurs du secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

L’exercice 2015-2016 a vu le Ministère du Plan proposer un nouveau Plan National Stratégique de Développement (PNSD) pour l’ensemble des secteurs d’activité. Le Livre 2 (Chapitre 9) de ce PNSD, consacré à « l’Economie numérique & Poste » définit 6 axes principaux.
Ces 6 axes sont censé garantir l’accès réel aux infrastructures, assurer le renforcement des capacités et le développement des contenus (locaux) et des applications (dans un environnement TIC à sécuriser).

Sept ans après le « DPS-2009 », nous pouvons esquisser un bilan de la situation dans le secteur.

A l’arrivée au pouvoir du Président Félix Antoine Tshisekedi en 2018, la République Démocratique du Congo a encore réaffirmé sa volonté de développer le secteur du numérique en ôtant les épines qui empêchent la bonne marche des télécommunications, notamment. Pour preuve, Félix Tshisekedi a annulé le contrat léonin entre AGI et le précédent gouvernement, qui consistait à instituer une taxe qui aurait pour conséquence la surfacturation des appels, SMS et Internet.
En septembre dernier, le président de la République a mis en place un plan national du numérique visant à faire du numérique le levier d’intégration, de croissance économique, de bonne gouvernance et de progrès social.

Risque de retour en arrière

Cependant, alors que le pays tente de faire émerger le secteur, les ennemis de la République brillent par la mise en place des décisions qui sont en voie de menacer l’élan de développement d’ores-et-déjà entamé.

La fâcheuse nouvelle a déjà été annoncée depuis le 7 août dernier via un communiqué de presse. Le ministre en charge des PT-NTIC, Augustin Kibassa, a instauré une nouvelle taxe sur la possession des téléphones mobiles en RDC. Dès le 24 septembre prochain, chaque utilisateur de ces outils devra payer une taxe de 1$ pour les marques 2G et 7$ pour les 3G-4G par an pour la rémunération des prestations de l’ARPTC qui s’occupera de la mise en place et la maintenance d’un système d’identification des appareils mobiles appelé RAM (Registre des Appareils Mobiles).

Les experts projettent déjà une augmentation estimée à 50% du coût des téléphones.
La mise en place de cette nouvelle taxe ne fera que réduire le nombre d’accès aux télécommunications en RDC et tous les efforts déployés depuis les années 2000 n’auront servi à rien.

Si personne ne tente de faire obstacle à cette décision, la RDC va régresser. Cette taxe augmente le risque de marginalisation dans le secteur des télécommunications. Nous serons dans un pays où les services des télécommunications seront une exclusivité des riches.

La rédaction

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