Le milieu des experts des télécommunications ne cesse de crier au rançonnement de la population congolaise et au freinage de la digitalisation du pays pour évoquer la nouvelle taxe allant de 1 à 7 $ introduite sur proposition du ministre des PT-NTIC, Augustin Kibassa Maliba, pour la certification des appareils téléphoniques. C’est les mêmes qualificatifs utilisés autrefois sous Emery Okudji avec l’affaire AGI de triste mémoire. Sauf que pour AGI il fallait ajouter saignement à blanc du trésor public.

Le feuilleton AGI

Vous vous souviendrez sûrement de la fameuse affaire AGI qui a fait couler beaucoup d’encres et de salives. En effet, l’ancien responsable des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de I’Information et de la Communication (PT-NTIC), Emery Okudji, a failli dans cette affaire, détruire le secteur en accordant à une entreprise étrangère, AGI (African General Investisment), sans appel d’offre, un contrat juteux au détriment de la population sous prétexte de contrôler les activités des entreprises des télécommunications. Sachant que AGI est une entreprise fictive, sans aucune expertise reconnue dans le secteur de télécom et créée pour le besoin de la cause.

Le comble était que la rémunération du prestataire AGI tournait autour de 23 millions de dollars (85% du total) par mois, alors que le gouvernement n’allait bénéficier que de 2,6 millions USD (10% du total). Et pour couronner le tout, une prétendue commission mixte allait pour sa part, bénéficier de 1,3 million USD (5% du total) par mois.

Malgré les voix qui se sont levées pour dénoncer cette escroquerie à ciel ouvert, Emery Okundji et sa bande ont tenu contre vents et marées de la mettre en application.

Il a fallu l’intervention combien salvatrice du président de la République, qui a épargné la population de l’escroquerie du siècle, qui a failli augmenter de 60% les produits et services des télécommunications.

Le successeur de Emery Okudji entrain de mener la même politique que son prédécesseur ?

Depuis le 1 avril, date de sa promulgation dans le journal officiel, un décret ministériel déjà en vigueur instaure le paiement d’une nouvelle taxe pour la certification des appareils mobiles par l’ARPTC à travers “un enregistrement dans le registre central de la base des données IMEI”.

Grâce à Augustin Kibassa, chaque utilisateur d’un téléphone mobile devra payer, via son opérateur téléphonique, une taxe de 1 USD pour les appareils mobiles 2G contre 7 USD pour les 3G, 4G et plus, par an, telle est la teneur du décret n°20/005 du 9 mars 2020.

Notons qu’en théorie, la collecte de cette taxe permettra d’accroître les revenus de l’ARPTC en vue d’optimiser son fonctionnement. Elle vient donc s’ajouter aux 5 autres taxes récoltées depuis février 2012 par l’autorité de régulation en RDC, à en croire les experts.

Une taxe de plus pendant que les fonds générés par celles déjà existantes sont gérés dans le flux total.

Une taxe de plus sur le dos d’une population déjà pauvre et qui risque de réduire son accès aux TIC.

Une taxe de plus pendant que le secteur englouti sous les taxes peine à se développer.

Un fardeau de plus pour les opérateurs des télécommunications qui déplorent déjà une forte pression fiscale et parafiscale.

Une taxe de plus pendant que le pays traverse une crise sanitaire inouïe causée par la pandémie de Covid-19.

Les conséquences de cette nouvelle taxe sont désastreuses tant pour la population et les opérateurs des télécommunications, que pour le secteur des PT-NTIC en RDC dont la responsabilité incombe à Augustin Kibassa.

Comme son prédécesseur, Emery Okudji, qui a brillé par une politique visant la satisfaction des intérêts personnels au détriment du peuple, l’actuel patron des PT-NTIC est-il en train de s’évertuer à appliquer la même logique ?
Les jours à venir seront riches en révélation.

La rédaction

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