Christine Tshibuyi, journaliste reporter au média en ligne Actualité.cd, a échappé dans la nuit du samedi au dimanche, à un enlèvement par 4 éléments de la garde Républicaine. Qui veut la mort de Christine Tshibuyi ? Suivez in extenso son témoignage.

Hier j’ai reçu l’alerte des confrères de Mbuji-Mayi là qui ont été agressés, j’ai fait l’article, j’ai pris le soin de contacter la cellule de communication du gouverneur pour avoir leur version des faits comme ils ont été cités dans les propos des victimes. Ils ont promis de m’envoyer un communiqué le soir. Vers 19h, je suis sortie avant la pluie, je suis allée chez mon ami Pascal, il habite juste derrière chez moi ici. Je suis restée jusqu’à 23h moins, je me suis dit que je dois rentrer à la maison, quand je sortais dans la courbure, j’ai vu un véhicule démarrer et commencer à me suivre…J’ai essayé de prendre une autre direction pour voir s’ils me suivaient ou pas, du coup j’ai pris l’avenue Nguma, j’ai commencé à paniquer parce que la voiture était toujours derrière moi. J’ai commencé à rappeler Pascal qui ne prenait pas, j’ai appelé le général Kasongo qui ne prenait pas, j’ai appelé le major Faustin qui ne prenait pas…donc je commençais à appeler tous mes contacts pour alerter que j’étais suivie.


J’ai pris la décision de me diriger vers magasin comme là-bas c’est un peu mouvementé, ils ne pourront pas me faire du mal comme il y a des gens. J’ai pris Comorico, pour sortir vers le boulevard Mondiba, et j’ai raté la courbure vers la résidence du premier ministre et j’ai connue un accident et je me suis arrêtée. Je saignée dans le nez et dans la bouche. Quand j’ai commencé à forcer pour sortir, parce qu’il y avait la fumée dans la voiture, j’ai vu un policier venir à mon secours. Après, eux aussi (les hommes armés qui filaient Christine, Ndlr) sont venus et ils me demandaient de venir pour aller à l’hôpital. J’ai dit non je ne pars pas avec vous, je ne vous connais pas, laissez moi appeler quelqu’un que je connais. C’était l’incompréhension, ils ont dit : nous nous voulons t’emmener à l’hôpital toi tu refuses? Et j’ai vu un autre véhicule venir avec des élements de la garde républicaine qui sont descendus. Le gars a commencé à parler, on l’appeler excellence. Il a commencé à crier sur moi, je ne comprenais rien. Maintenant quand le policier est venu, il dit que quand j’ai fait l’accident, eux (les hommes armés) sont arrivés et ils ont dit « tozuiye », entendez nous l’avons eue. Comme le policier avait entendu ça, il a commencé a s’interposer et leur a dit que vous n’allez pas l’emmener parce qu’elle refuse. Du coup, ils ont commencé à tirer. D’autres policiers autour là-bas sont venus au secours, ils étaient 4. Les militaires de la garde républicaine étaient 6 ou 7. Après ils m’ont menottée et m’ont jetée dans le véhicule, ils ont dit qu’ils n’emmènent au commissariat parce que j’ai manqué du respect « à son excellence ». Quand nous sommes arrivés au commissariat, Pascal était déjà venu. L’OPJ a demandé si on avait fait l’accident, je lui ai dit que c’est moi-même qui me suis cognée à la bordure. Après l’OPJ a demandé au monsieur de décliner son identité, le monsieur a refusé, et s’en est suivi une incompréhension dans le bureau de l’OPJ, ils ont encore tiré, et ils ont profité pour faire fuir leur ami. C’est là que l’OPJ a compris que ces gens avaient l’intention de me faire du mal. Ensuite, ils m’ont conduit à l’hôpital pour suivre les soins comme j’étais blessée au niveau de la bouche, et ce matin je suis rentrée pour donner les documents afin qu’on amène le véhicule au garage.

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